Randonnées pédestres en Corse

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Cala di Conca

mardi 14 avril 2015

Conca, la crique du bout du monde. Y parvenir par la piste en provenance de Grossa est une épreuve qu’on ne fait qu’une fois tant l’état de la piste laisse à désirer et tant le nombre de portails à bestiaux à pousser est considérable.

Pour accéder à Conca le mieux est la marche, contourner la pointe de Senetose, le retour se faisant par la tour génoise.

Une randonnée longue mais facile, une randonnée de printemps ou d’automne, quand les jours grandissent et prennent le chemin de l’été, ou quand la chaleur n’enferme plus les sentiers dans une torpeur étouffante, que la mer est toujours chaude.

Voir la carte.
Compter 6h de bonne marche, Parking - Conca, aller retour.

Du parking du Conservatoire, rejoindre la Pointe de Senetose et ses plagettes de rêve. Le sentier de Conca débute sous le phare de Senetose, près du jardin des gardiens.
A travers une succession de petites prairies littorales, couvertes principalement d’immortelles, le sentier longe le cap, suivant l’ubac , un chaos rocheux ininterrompu : nulle plagette de sable.
A l’ouvert des vallons quelques pieds de tamaris signalent la présence souterraine d’eau.

A la floraison, des fragrances capiteuses s’échappent des bosquets. A signaler : la source de Funtana di Agula, cachée dans un maquis haut, au pied d’un chaos rocheux, fléchée par le Conservatoire, coule même en été. Un bassin sous les chênes recueille les eaux de la source ; une merveilleuse baignoire pour randonneur !

Le sentier suit un ancien chemin muletier dont les contreforts, par endroits, subsistent sous la végétation. C’est le chemin que suivaient les gardiens de phare venant prendre la relève. Il coupe d’infinis murets de pierre sèche descendant des collines.

Au fond de la baie, la crique de Cala Conca que les ruines d’Ana bordent au sud. Les sources divergent sur l’origine de cette bâtisse qualifiée parfois de bergerie. L’appareillage de qualité, l’accès à l’étage, conçu pour faciliter la montée de mulets chargés, la proximité immédiate de la crique, laisseraient plutôt penser à un entrepôt destiné à garder des denrées, du fret, en instance d’embarquement.

La crique est déserte, sauf l’été où un ou deux voiliers sont au mouillage. Un panneau muséographique déposé en bordure de plage dresse la carte du site et ses particularités.

Le sentier se poursuit sur la rive nord, en direction de Cala Arena où un rocher énorme, en forme de tortue, surveille le haut fond où la mer brise régulièrement. C’est l’ écueil des marins débutants...

Pour le retour de Conca reprendre le sentier suivi à l’aller jusqu’à la bifurcation située 100m avant le muret. Et remonter l’ubac, rejoindre la crête de la pointe de Senetose. A gauche le sentier conduit aux bergeries de Pisciatella. A droite il ramène à là, la tour génoise.


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A une bonne dizaine de kilomètres de la plage de Conca, un mégalithe et un dolmen se dressent de part et d’autre de la piste, au lieu dit Vaccil-Vecchi.
Cette vallée en déprise a regroupé plus de cinq cents personnes : aires à blé, caseddu (bergerie), murets individualisant les parcelles, attestent qu’elle ne fut pas toujours le territoire déserté qu’elle est aujourd’hui.

La Corse n’a jamais été à l’écart des échanges en Méditerranée.
Au néolithique déjà, elle n’était pas ignorée, mais incluse dans les échanges maritimes et les tribus savaient que la mer était porteuse de dangers. Ainsi les sites mégalithiques sont construits en retrait du littoral, et jamais en vue du large.

Rome, l’empire romain chrétien, Charlemagne, puis Pise, Gênes, Milan, les barbaresques ont également donné à la Corse une place particulière dans leurs réseaux d’échanges.
Des documents attestent qu’en 1360, par exemple, la Corse vendait bois et blé à Gênes, mais aussi vin, viandes, poissons, et parfois même de la laine pour les filatures gênoises.
Cette activité, contresignée par des lettres et des commandes, nécessitait la construction d’entrepôts ad hoc.

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Dolmen de Vaccil-Vecchi.

La Corse fut, proportionnellement à sa population, le département français qui apporta la plus grande contribution à la guerre de 14-18. Elle ne s’en est jamais remise.

Portfolio

  • Ana, ruine de Conca
  • Muret de Conca
  • Tour génoise de Senetose
  • Cap de Roccapina et Pointe Zivia, vus de la Tour de Senetose
  • Jardin des gardiens du phare