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Capo di Fenu par la Tonnara

lundi 20 avril 2015

La Tonnara est un abri côtier. Son appellation a pour origine la chasse au thon telle que jadis elle était pratiquée, avec de grands filets compartimentés (madrague en Provence) et avec harpons.

Le lieu de pose de ces filets, en bordure des ilôts, a pris le nom de ce type de pêche, comme en Provence où les madragues, de Saint Tropez à la Redonne, s’égrènent le long du littoral ; mais où les thons ont disparu...

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Parcours aller retour : compter 4h30

Plusieurs parkings sont à disposition. L’un est situé au pont de Ventilegne, deux autres entre le pont et la Tonnara, le dernier à la Tonnara même.
Derrière le cordon littoral, au printemps, des étendues de buissons grisâtres s’éclairent soudain : cet arbuste méditerranéen est une cistacée, absente du continent. Elle est associée au myrte et au romarin et se développe sur des sables humides dus à la faible profondeur du sol cristallin imperméable. Les touffes de choin éparses trahissent la présence d’humidité dans le sol. Orchidées et liliacées s’y développent.

Les premiers pins font ici leur apparition. Éléments précurseurs, ils annoncent les terrains calcaires de l’extrême sud bonifacien.

Le sentier suit le trait de côte. Une côte ouverte aux vents, très minérale, où le maquis est rejeté loin du rivage, sculpté en biseau par les embruns. Rares sont les plantes qui parviennent à croître sur ces sols salés. Le colchique ou l’érodium de Corse, une plante endémique, y réussissent.

A la Tonnara quelques barques, quelques maisons de pêcheurs, deux restaurants...
Sur ces côtes balayées par les vents la sensation d’espace et de liberté est vertigineuse. On a là les mêmes sensations que procurent une traversée d’est en ouest des côtes de Camargue. Du vent, du vide, de l’espace. Là, la richesse se niche dans le détail, le souffle, l’iode, le ressac. La Tonnara a des allures de village du bout du monde. On pourrait se croire au Texas s’il n’y avait la mer : Une crique que protège au large plusieurs îlots, et des constructions de peu, posées entre des tamaris rabougris, des poteaux télégraphiques et des griffes de sorcières.

Les cairns balisent le sentier : cala di U Merlu, cala Grande et cap di Feno. Feno signifie foin en Corse. Ces terres, autour du mont de la Trinité, abritent plusieurs sources. Les bergers du Sartenais conduisaient leurs troupeaux jusqu’ici.

D’ailleurs quelques chèvres abandonnées occupent toujours les lieux... ainsi que la tortue d’Hermann et le merle bleu, hôte familier des chaos rocheux et des tafoni.

A l’extrémité sud du cap le phare de Fenu est une tour carrée de 9m de haut. Un feux blanc à éclats qui précise le début de chenal que tout navire doit emprunter pour traverser les Bouches.

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Acquisitions du Conservatoire du Littoral à Ventilegne
Source : Conservatoire 2014


"La Trinité est un haut lieu de la biodiversité insulaire. C’est par exemple l’unique localité mondiale d’une plante, le centranthe à trois nervures, classé menacé par l’UICN et qui compte moins de 150 pieds. On y trouve aussi le lézard de Bedriaga, espèce endémique corso-sarde, qui n’est pas présente ailleurs sur le littoral de ce secteur. Ou encore trois espèces de geckos, dont l’hémidactyle verruqueux qui dans cette zone de l’extrême sud de la Corse compte les densités de populations les plus élevées de France."
Source : Conservatoire du Littoral

Portfolio

  • L'abri côtier
  • Capo di Fenu par la Tonnara
  • ...des couleurs comme nulle part ailleurs...
  • ... une terre rase...
  • ...où croissent joncs et oyats ....
  • ... et aussi les pins ...
  • Phare de Cap di Feno
  • L'abri côtier
  • Protégé par quelques récifs
  • Un monde à part
  • Refermé sur lui-même
  • La Tonnara